Don de deux œuvres d’Alexandre Sérébriakoff
La Fondation Sérébriakoff reçoit un don de deux œuvres d’Alexandre Sérébriakoff provenant de la collection de Charles de Beistegui.
Ces deux œuvres illustrent à merveille le travail d’Alexandre Sérébriakoff, qui avait rejoint sa mère, Zinaïda Serebriakova, à Paris dans les années 1920, et qui s’était fait connaître dans les années 1940-1950 comme « portraitiste d’intérieur » et comme architecte d’intérieur et peintre-paysagiste. Il a notamment travaillé pour Charles de Beistegui, les barons Hubert von Pantz et Alexis de Redé, les Rothschild et les ducs de Brissac.
L’une des deux œuvres généreusement données à la Fondation représente une scène tirée des Chasses de Louis XV. Elle est inspirée d’une des neuf tapisseries de la série éponyme, exécutées entre 1733 et 1746 d’après des cartons du peintre renommé Jean-Baptiste Oudry (1686-1755) pour le château de Compiègne. En 1921, huit esquisses à l’huile sur toile d’Oudry furent acquises par Moïse de Camondo, et c’est dans le musée Nissim de Camondo qu’Alexandre Sérébriakoff a pu les étudier. Il s’agit ici de la scène Le Rendez-vous au carrefour du Puits du Roi, dit Le Débotté, datée de 1735. Cependant, la composition horizontale de l’esquisse d’Oudry (Inv. CAM 440), a été transposée par Sérébriakoff dans un format vertical, en supprimant la partie gauche de la scène et en complétant les cimes des arbres.
En 1965, année où fut peinte cette aquarelle, Alexandre travaillait pour Antoinette Marie Edmonde de Rafélis de Saint-Sauveur à la restauration des intérieurs du château d’Apremont-sur-Allier, situé sur les rives de l’Allier, près de Nevers. Après le décès de son époux, Eugène Schneider II en 1942, puis le départ des Allemands qui occupèrent le château pendant la guerre, elle entreprit la restauration des intérieurs du château et invita Alexandre Sérébriakoff à lui prêter main-forte.
La seconde aquarelle, qui dépeint une allée de parc bordée de topiaires en caisses, un arc de triomphe végétal et un pavillon de briques en rotonde coiffé d’un dôme, est un bel exemple du travail d’Alexandre Sérébriakoff pour l’ornement des parcs. Il s’agit d’un projet non retenu pour le Labyrinthe du parc du château de Groussay, aménagé par Charles de Beistegui entre 1950 et 1970, le temple du Labyrinthe étant réalisé en 1967.
Par Pavel Pavlinov et Bertrand Rondot